Simon
Tous les auteurices :
Tous les auteurices :
Après quelques années de prise de conscience des enjeux environnementaux, en 2017 j'ai créé mon activité de développeur web en indépendant, spécialisé en écoconception. J'essaie de transformer mon activité et mes connaissances pour prendre en compte les impacts sur l’environnement du numérique.
Pour mon confort de travail, après plusieurs années d'expérience avec les systèmes existants, je crée mon outil pour travailler plus en rapport avec mes pratiques et besoins. Le CMS Translucide est né, du même nom que mon entreprise.
Depuis, d'autres personnes ont rejoint le projet. Nous nous sommes rencontrés à travers des conférences ou ateliers que je faisais, pour sensibiliser à l'impact du numérique, ou encore des personnes croisées lors de projets pour des clients. Nous avons d'abord collaboré ensemble sur la création de site, et nous nous réunissons maintenant autour d'un collectif informel et libre. Tous indépendants, nous essayons de faire grandir le projet commun d'un numérique moins impactant sur l’environnement, avec nos outils et méthodes plus proches de l'artisanat que de l'industrialisation. Pour rester dans des rapports humains, moins noyer sous la technique et le jargon liés au milieu. Ces dernières années, la notion d'inclusivité prend aussi sa place à travers l'accessibilité aux handicaps.
Je ne suis jamais resté aussi longtemps dans une entreprise, et clairement, si je n'étais pas en collectif, j'aurais sûrement arrêté. Être avec d'autres personnes permet de faire des projets plus ambitieux et qualitatifs. D'avoir des personnes aux compétences complémentaires aux siennes est important. On ne peut pas maîtriser tous les sujets. Même s'il subsiste une charge mentale élevée par rapport à un travail salarié, le fait de pouvoir faire confiance et se reposer sur les autres qui gèrent en autonomie leur sujet (graphisme, gestion de projet, intégration, saisie de contenu, éditorial...) est un vrai confort. Ça apprend aussi à nos clients que ce sont de vraies personnes derrière chaque tâche, ils sont en contact directement avec chacun d'entre nous, c'est transparent, translucide. Pas de stagiaire ou sous-traitance à l'étranger.
De plus, on se challenge les uns les autres, on s'entraide, on fait grandir nos connaissances des sujets, on se complémente. On est plus dans l'entraide et le soutien que l'individualité. Cependant, ça demande tout de même d'arriver à exprimer ses besoins, savoir demander de l'aide, faire rendre compte du travail effectué. L'isolement n'est pas loin, il faut trouver des moyens de rester relié.
Travailler dans le numérique en étant conscient de son impact nous mène forcément à une dissonance cognitive. Comme nous sommes libres dans l'organisation de notre temps et travail, la plupart prennent du temps pour se tourner vers d'autres activités. Translucide nous permet une certaine subsistance, mais l'activité reste fébrile, conjointement avec l'effondrement systémique en cours. Nos partenaires et clients, souvent dans la culture, la transition, les services publics, sont en difficulté. La crise sociale, environnementale, financière touche tout le monde et ça ne va pas s'améliorer. Les ressources s'épuisent, la décroissance que l'on a choisie est aussi subie dans le reste de la société et le monde.
Faire des choix radicaux nous mène aussi à refuser des projets que l'on nous propose mais qui sont en lien avec des activités qui empêchent demain d'advenir. Et pourtant ces entreprises qui détruisent notre avenir sont celles qui bénéficient le plus des ressources fossiles et capitaliste.
C'est donc complexe de vouloir réduire les impacts, construire une vie pour demain et aujourd'hui, sans travailler avec ceux qui possèdent les moyens les plus élevés et les plus nocifs.
Peut-être que se dessinera une nouvelle version de Translucide dans les mois et années qui viennent, pour nous permettre de continuer à faire avec notre savoir-faire et savoir-être, et aussi de bifurquer vers plus de sens, dans des activités plus en rapport direct avec l'essentiel, nos besoins fondamentaux, sans affecter le vivant.
Voici mon retour sur le fait de rendre plus accessible au handicap un Backoffice (interface pour administrer un site et en modifier le contenu) d'un CMS créé dans une approche d'écoconception.
Créer et maintenir du logiciel libre en dehors des GAFAM écrasants n'est pas évident. Leur service et proposition sont partout. La dépendance est forte. Depuis plusieurs années, nous évoluons pour nous éloigner le plus possible de cette centralisation des pouvoirs.
Le numérique envahit toutes les sphères de notre quotidien et détruit l'environnement de façon exponentielle.
Plus que numériser à tout prix, aujourd'hui il faut s'atteler à dénumériser, voire opérer une désescalade du numérique.
La majorité de l'écoconception se fait avant le développement, lors de l'étude du besoin et donc des fonctionnalités qui en découlent. Mais qu'en est-il du code en lui-même lors de la production du site ?
La disquette, ce système de stockage, avant les CD-ROM, DVD, clé USB, carte SD, qui a disparu durant les années 90 et qui, dans sa meilleure version, pouvait contenir 1,44 Mo.
Voici l'étude de cas de la refonte du site de la mairie de Villefranque qui avait commandé des audits d'impact environnemental de leur ancien et nouveau site. J'ai croisé les données Ecoindex de chaque page du site avec les statistiques de fréquentation sur 6 mois.