Les réseaux sociaux et la liberté
Le constat d'une inégalité
Les réseaux sociaux sont pour beaucoup de professionnels qui travaillent quotidiennement avec le numérique, un passage obligé et manié avec plus ou moins d'aisance. Ces réseaux "sociaux" sont construits de façon à ce que nous y passions un maximum de temps dessus (c'est ce qui est appelé l'économie de l'attention. C’est d’ailleurs un des sujets que nous abordons dans nos conférences). Les deux idées premières de ces réseaux sont de nous mettre en réseau et/ou de nous donner les informations les plus pertinentes. Ce qui, sur le papier, est royal !
Nous avons peut-être plus d'amis sur Facebook, de connexion sur LinkedIn ou de followers sur YouTube et Twitch que nous n’en aurons jamais en dehors de la vie numérique. Est-ce que cela fait que nous sommes moins seuls ? Plus disposés à rencontrer de nouvelles personnes ? Ce n'est pas notre constat au sein du collectif Translucide en tout cas.
Comme pour beaucoup de situations, il me semble important de regarder au delà des promesses annoncées : regarder les faits et les intérêts. Commençons par se questionner sur l'objectif des entreprises derrière ces réseaux. Je constate qu'ils ont beaucoup (beaucoup, beaucoup) d'argent et qu'ils en gagnent toujours plus. C'est un (pour ne pas dire "le") facteur de prise de décision au vue de l'évolution de ces réseaux (X, ex Twitter, faisant l'exception à cette règle. Nous pourrons revenir dessus si vous le souhaitez). Le but d'une entreprise est de générer de l'argent (et non de la plus-value), ce qui est normal dans notre économie actuelle. Mais ce qui est intéressant de remarquer, c'est ce que l'on ne dit pas : les entreprises (et donc les réseaux sociaux qu'ils fournissent) ne sont pas là pour nous faire sentir mieux, développer notre connaissance, accroître notre esprit critique ou même nous faire connaître plus de monde. Cela peut être un effet corollaire, mais leur but est bien de gagner de l'argent.
Un effet de bord peut être de faire en sorte que les jeunes générations se sentent mal dans leur peau (exemple de source : Réseaux sociaux, comment tisser sa toile et préserver sa santé mentale ?), ou de pousser à regarder des images et vidéos de meurtres, de viols et autre du même genre à des personnes toute la journée. On le remarque avec mes exemples (choisis) : le bien ou le mal n'a pas d'emprise ici. Le but est de faire de l'argent, de capitaliser au maximum. La question que l'on se pose naturellement dans le collectif est : est-ce que c'est ce monde-là que l'on souhaite ?
Notre réponse est "Non !". Je pense que les réseaux sociaux sont une exagération de notre monde actuel, qu'ils révèlent la direction vers laquelle le monde se dirige et Je pense également que c'est un problème. Si c'est vrai, alors il ne faut pas laisser faire les choses ou même admettre que c'est comme ça. Cela veut dire qu'il faut résister.
Bon, ok, certains d'entre vous seront d'accord avec mes propos (je l'espère). Et qu'est-ce que l'on fait maintenant que le constat et les conclusions sont posés ? Pour cela je vous propose différentes étapes qui s'entrecroisent.
Le déroulé de la méthode « Réseau ou Zéro »
Est-ce que l'on en a besoin ? ... Réellement ?
C'est un schéma qui permet de se concentrer sur l'essentiel. La première étape, a été une grosse étape en 2020 : nous avons quitté Facebook et Twitter. Pourquoi ? Il faut simplement regarder juste au-dessus avec le déroulé de « Réseau ou Zéro ». Ça ne s'est pas fait sur un coup de tête, nous avons eu plusieurs discussions entre nous pour connaître les pour et les contres. Nous avions beaucoup d'interrogations : combien de personnes allions-nous perdre ? À combien de potentiels clients nous allions renoncer ? Est-ce que l'on renonce réellement à tout le travail qui a été fait sur ses réseaux ? Et, bien évidemment il y avait un argument qui revenait régulièrement : quitter un réseau, c'est avoir plus de temps, de réflexion et d'énergie pour le seul réseau qui allait rester. Il ne vous a pas échappé qu'il ne sert à rien de publier la même chose sur chacun des réseaux sociaux : chaque réseau à sa façon d'aborder les choses et on ne met pas forcément les choses en avant de le même manière si on s'adresse au public sur LinkedIn ou Facebook par exemple.
Nous avons finalement décidé que, pour Translucide, il était préférable de focaliser toute notre énergie sur le réseau LinkedIn et de supprimer nos autres comptes pour éviter de nous éparpiller.
Est-ce qu'avec ce post, je construis un monde vers lequel je veux aller ?
Vous avez peut-être remarqué que <a href=" https:="" www.linkedin.com="" company="" translucide"="" target="_blank" aria-label="nos posts n'ont pas souvent des images - Nouvelle fenêtre" class="external">nos posts n'ont pas souvent des images (ou juste l'aperçu du lien dans le post) et jamais de vidéo. Nous regardons, nous testons : depuis cette fin d'année, nous testons de mettre des images sur nos posts pour voir s'il y a réellement plus d'impact. Nous savons que cela a un impact sur l'environnement, alors cela vaut-il vraiment le coup ? C'est ce que nous essayons de déterminer. Aujourd'hui, pour nous, l'impact d'une image peut-être acceptable. La vidéo non.. Oui, nous renonçons sûrement à un engagement et une popularité extraordinaire (ou pas). D'ailleurs si vous défilez votre feed LinkedIn, vous trouverez très peu de posts sans image (peut être les nôtres).
À cela nous avons ajouté la contrainte de l'accessibilité (pour laquelle nous sommes formés depuis quelque temps maintenant) : nos posts sont au maximum accessibles en suivant les recommandations faites par Simon de Translucide et notre super collaborateur Cédric : Cédric sur LinkedIn
Après la forme, le fond : il est évident que nous ne postons pas ... pour poster. Chaque post a quelques heures de réflexion au minimum (si ce n'est pas des dizaines d'heures). Alors oui, nous pouvons améliorer notre stratégie de communication pour avoir plus de likes, impressions, re-post ( cf. Les retours après plusieurs mois sur Mastodon) mais ce que nous cherchons est plus de l'ordre de l'humain. Nous cherchons à montrer qu'il est possible de faire autrement que cette tendance à toujours plus (pour pas forcément mieux), une vision différente du monde que celle des "tech bro" qui nous est imposée. Dans nos posts nous montrons comment cela se traduit avec notre travail, où nous l'expliquons avec nos prises de parole et surtout, nous partageons nos réflexions pour celles et ceux qui veulent créer un monde meilleur. Nous pensons que notre plus-value se trouve dans notre domaine : le développement de sites internet et l'implication de l'informatique dans notre société. Nous passons notre temps à lire, regarder et écouter ce qui est disponible sur ces sujets (malgré qu'il soit bien vaste) et nous ne savons pas tout, mais nous partageons ce pour quoi nous pensons qu'il faut prendre position. Nous partageons nos réflexions pour avancer avec tous ceux qui nous lisent et remercier ceux que nous avons lus.
Comment aller plus loin dans ma démarche ?
Pour reprendre le début de cet article, nous avons démarré sur Mastodon alors qu'il n'y avait pas une réelle nécessité d'aller dessus (en tout cas pas dans l'immédiat). Pourquoi avoir fait ce choix alors ? Et bien Mastodon s'inscrit dans un monde qui nous semble plus paisible, c'est une direction qui nous semble bien pour une première marche. C'est donc cette première marche que nous avons décidé de franchir. Comme vous l'avez remarqué, cette marche s'inscrit dans le dernière étape du Réseau ou Zéro d'écrit plus haut.
Pour le moment, il s'ajoute à notre réseau LinkedIn, là où nous avons le plus de visibilité. Nous ne pouvons pas quitter LinkedIn pour le moment car ce serait une mise à mort d'une grosse partie de notre influence, puisque c'est le réseau sur lequel nous mettons le plus d'énergie depuis plusieurs années (merci Simon !). Mais rien ne dit qu'on ne le fera pas plus tard.
Mastodon n’est pas parfait non plus. Il s’agit plus d’un réseau équivalent à X, où les informations sont très brèves. Ce n’est pas fait pour des sujets de fond, avec un certain nombre de caractères qui nous permettraient d’être plus explicites sur notre démarche. Il faut souvent faire plusieurs posts, connectés entre eux, pour parler d’un seul sujet qui a fait l’objet d’un post unique sur LinkedIn.
Les retours après plusieurs mois sur Mastodon
Quels retours nous avons eus ? Nous ne savons pas. Mais nous ne savons pas non plus précisément les retours que nous avons sur LinkedIn. Nous savons que nous sommes lu puisque l’on revient quelques fois vers nous (par les réseaux ou lors de rencontre). Cela fait grandir le réseau d'influence et les pairs qui nous recommandent. Mais quel est réellement l’impact ? Difficile à dire. Le nombre de Likes, d’impressions et autres sont-ils réellement de bons indicateurs ? Nous n’avons pas la réponse.
Il nous semble important d’avoir (un peu) de présence pour expliquer notre démarche et notre point de vue. Expliquer encore et encore pourquoi les grosses ESN (et pas que) font du greenwashing. Comment peut-on voir les choses autrement que par l’idéologie qu'il nous est sommée d’adopter. Comment réfléchir à l’inverse d’un monde qui marche sur la tête. Et si vous êtes de notre avis (ou non) et que vous voulez partager cela avec nous, nous serons ravis de vous consacrer le temps d’une visio ou le temps d’une lecture de mail : contactez-nous !
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